« Je pratique la chorégraphie comme un espace élargi d’agentivité et de guérison, d’invention transdisciplinaire et spéculative. Mon corps est un lieu magique, habité par de fantômes dansants, des amulettes qui me rappellent de ne pas me laisser capturer, et d’investir sur une anatomie enchantée, extra-réelle. J’insiste pour bouger en portant la blessure dans une main et le soin dans l’autre, en résistant au désenchantement et en imaginant des moyens de me connecter plus attentivement à la vie et de réinventer à la fois ma solitude comme mon être-ensemble. »
Dagô R. est un chorégraphe et performeur brésilien basé en France. Fils queer d’un jaguar noir qui garde un requin vivant dans son ventre, c’est de lui qu’il a appris à rêver son corps. Son mouvement est chuchoté par les êtres enchantés de son enfance dans le Pantanal, par les vagues de l’Atlantique et les dunes de Jaguaruna où il est né, ainsi que par les arbres embrasés du Cerrado où il a grandi. Diplômé en Arts visuels (UnB, Brasília, 2016), titulaire d’un Master en Création artistique -Arts de la scène (MaCI–UGA, Grenoble, 2021) et du master exerce (Agora -Cité internationale de la danse, Montpellier, 2025), il a également suivi PACAP 5 dirigé par João Fiadeiro (Fórum Dança, Lisbonne, 2022) et danceWEB (ImPulsTanz Festival, Vienne, 2026). Sa pratique se situe au croisement de la danse, de la performance, du dessin et du mot. Elle active des rituels inventés, des formes d’enchantement, des pratiques de déchargement politique et magique, ainsi que les relations entre vulnérabilité, altérité et responsabilité partagée. Dagô envisage son travail comme un laboratoire pour la vie, un espace spéculatif où pratiquer des façons d’habiter et de mieux vivre le monde. Guidée par une logique écosystémique, sa démarche envisage le corps comme une maison-temple-jardin, un lieu hybride, intime et collectif, réel et extra-réel, traversé par les Autres. La fiction et l’imaginaire y deviennent des ressources chorégraphiques, magiques et poético-politiques. Parmi ses créations récentes figurent déchargement.who carries ? et Rappel pour ne pas mourir, deux solos issus du projet de recherche déchargement(s).