Le solo Basalte explore le lien entre mémoire, technologie et mouvement. Inspirée de la pierre volcanique du même nom, symbole d’un mouvement brûlant figé dans la matière, Sandra Français questionne la viabilité d’une saisie technique du mouvement dansé. L’exploration s’inscrit d’abord en studio, où elle confie sa danse à un dispositif de motion capture : il traduit la chorégraphie en volumes numériques dans l’optique de créer une sculpture, un objet de mémoire qui reste dans le temps. Sur scène, la danseuse se prête à une fiction : dans un futur proche, une machine enregistre des données chorégraphiques pour préserver la mémoire du mouvement. En confrontant la rigueur mathématique de la capture à la sensibilité du corps vivant, l’œuvre révèle -non sans humour- les limites de la machine face à l’intériorité humaine. Du dialogue entre l’Humain et la machine insatiable émanent des limites par l’observation des écarts, des erreurs et des réactions, révélant peu à peu ce qui, justement, insondablement, résiste.