L’adjectif anglais hidebound décrit un corps de bétail dont la peau malade adhère au squelette et ne peut être transformée en cuir. Au sens figuré, il décrit une personne inflexible dans ses actions et ses croyances. Andrea Givanovitch invite ses partenaires de jeu et le public à une réflexion sur notre relation à la pression sociale sur les corps : elle prend ici la forme de vestes en cuir à franges suspendues au milieu d’autres sculptures de cuir et céramique. Dans ce paysage intemporel, l’artiste questionne le genre, les expériences plurielles, les rapports complexes et singuliers aux autres, à la société, et les espaces d’émancipation possibles. Il trouble le regard et l’expérience du public en l’immergeant dans un rapport captif quadri-frontal. Les trois interprètes explorent les contraintes appliquées aux corps par les vestes -ici bien plus qu’un vêtement-, leur rapport à l’objet, et les relations entre ces corps en tension dans une turbulence quasi constante. D’abord dénués, les êtres se voient peu à peu recouverts par ces masses noires ; dès lors commence le voyage et le questionnement : comment évoluer à l’intérieur de ces carcans politiques et sociétaux, sans s’y dissoudre, ni s’y contraindre ?