La danse de TONGUE DEPRESSION se construit à partir de vibrations internes : elle traduit les mouvements viscéraux, les trajectoires vocales et les fréquences corporelles en mouvement, donnant au corps la possibilité d’entrer en résonance avec lui-même, avec l’espace et avec l’autre. L’intention est de produire une expérience immersive, où le corps, la voix et l’espace dialoguent constamment, où la matière sonore et corporelle devient un terrain d’expérimentation des limites, de la résistance, et d’une forme d’émancipation. Entre vulnérabilité et saturation sonore, en explorant le corps comme instrument générateur et amplificateur, Annabel Reid cherche à faire émerger des formes nouvelles de mouvement, capables de révéler l’intime, le politique et le sensoriel. Je me demande comment rendre perceptible chorégraphiquement les mouvements des cordes vocales ainsi que leurs trajectoires spatiales, et comment matérialiser musicalement les vibrations de mon utérus et sexe ? Questionner l’impact des politiques patriarcales sur ma voix, mon corps, ma capacité à m’exprimer. Quel serait un dialogue entre mes deux bouches, qu’est-ce que j’ai à dire à travers elles. En collaboration avec l’artiste sonore Thibaut Langenais, dans un espace qui pourrait être d’exploration anatomique, un corps et une voix explorent la saturation, le cri, l'extériorisation de vibrations enfuies.