Mame Mor Tall réunit deux mots qui signifient souffle : Nafas (نَفَس), en arabe, la respiration qui anime le corps ; Anima, en latin, l’âme, le souffle intérieur. Ce double ancrage reflète la nature même de la rencontre du danseur chorégraphe avec le jazzman Jan Vanek : une tension féconde entre plusieurs mondes, le Sénégal et la France, l’intérieur et l’extérieur, le français et le wolof… Nafas Anima fait dialoguer les contraires. Ici, le choc des cultures et la coexistence de fragments parfois dissonants transforment les contrastes en une force vivante. Le corps suggère, traverse des états : chute, déséquilibre, relèvement, persistance. Chaque fracture devient un rythme, chaque silence une résonance. Danse et musique cherchent une cohabitation pour, progressivement, trouver un équilibre, certainement fragile, mouvant, mais possible. Entre eux, entre deux, s’ouvre un dialogue artistique qui entend dépasser les mots, pour se construire à travers les sons et les mouvements… De la recherche d’un même souffle agrégeant de manière indissociable l’expression des deux artistes transpirent les luttes intimes, les ruptures, les solitudes, mais également la capacité à respirer, à persister, à s’élancer.