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Les rivières de l'amour parfait

QUESTION DE DANSE
Mercredi 31 mars 2027 à 19h

Durée : 35 min + conversation

Olivier Muller

Les rivières de l’amour parfait résonne comme un titre de série Z, un album de musique pour adolescents… Le solo met en scène un avatar DRAG KING, construit à partir de clichés virils puisés dans la culture populaire et en particulier la figure du cow-boy solitaire de western spaghetti, errant dans le désert brûlant. La performance élargit l’iconographie : footballeur, homme politique, corps héroïques façon Rambo, rugbyman, survivaliste, chevalier, bodybuilder, comme autant de clichés à dépecer. Les fragments excessifs de représentations masculines forment une chimère grotesque, un corps idiot qui s’expose tel un masque, un costume, une sculpture… Cette armure monumentale, devenue outil de performance, se déleste progressivement, dans un effeuillage où le corps architectonique s’efface pour devenir voix. Des textes issus de la culture musicale populaire des années 2000 se transposent, psalmodiés puis chantés, sous la forme de lamentations funèbres antiques. Avec le compositeur Benoist Bouvot s’invente un paysage sonore où ces mélodies pop se révèlent telles des chants d’adresse aux dieux, et où la culture musicale euro-américaine de masse devient un chant macabre, cri de perte et de désir, matière poétique et tragique. Dans ce paysage sonore et visuel, la figure devient une méditation active, qui reconfigure nos modes d’être-avec ; elle tente d’articuler des relations entre discours, corps, techniques, affects et savoirs. Comment faire monde à partir de formes instables, chargées, contradictoires ? Je m’intéresse à la puissance de mutation : au cours de la performance, les formes, les relations et les affects évoluent, se transmutent. La figure est alors défigurée, transformée, déplacée. Elle pleure la disparition des choses du monde pour ouvrir un espace de joie possible. Entre grotesque et rituel, caricature virile et idiotie, Olivier Muller explore la puissance du camp et du drag comme outils de transformation et de mémoire.

Distribution

chorégraphie et interprétation Olivier Muller
musique Benoist Bouvot
costume en cours
regards précieux en cours
coatch vocal Matthieu Jédrazak