Il y a des mots qui s’accrochent aux corps. Des mots entendus, projetés, récupérés au fil des expériences, des rencontres et des territoires traversés. Des mots qui nomment, parfois trop vite, et qui peuvent figer une perception, déplacer, enfermer ou révéler. Dans (titre provisoire), un corps dialogue avec un écran LED, une « grosse étiquette » où apparaissent aléatoirement des mots, visibles seulement du public. Fragments d’histoires, projections, souvenirs ou imaginaires, ils créent un écart constant entre ce qui est perçu et ce qui se vit. À travers cette friction entre langage et mouvement, la chorégraphe et interprète Johana Malédon questionne le pouvoir des mots et leur capacité à cristalliser certaines perceptions de soi ou des autres. Dans son exploration d’un espace instable, sensible et mouvant, où l’éphémère devient territoire d’invention, l’ambiguïté traduit une forme de liberté et de Résistance.