Le solo dansé STAGED interroge le divertissement par l’intime, ce qu’il fait à nos corps, ce qu’il nous fait désirer et ce qu’il nous coûte. La pièce prend la forme d’un concert pop artificiellement reconstitué, un dispositif qui se montre comme tel et qui, peu à peu, laisse poindre ses grincements. Anthony Roques apparaît en “bête de scène”, figure généreuse et excessive, qui divertit jusqu’à perdre le contrôle d’elle-même. De tensions en ratés scéniques, d’effondrements en moments de dépouillement, le spectacle cherche moins à rejeter le divertissement qu’à en révéler le double fond : un jeu de désir, d’attente et de frustration. Ces ratés deviennent des brèches d’où surgissent l’empathie, l’inquiétude ou le malaise. L’artiste tend son miroir à notre besoin de divertissement, dans ce qu’il a de vital, de populaire et d’immensément épuisant.