Sélim © Festival de Marseille
Sélim © Festival de Marseille

Sélim

1995

Durée : 11min

Michel Kelemenis

Opéra National de Paris

Création le 5 janvier 1995 à Cerritos (États-Unis) 
Première française le 10 mai 1995 à l’Opéra Comique, Paris

Kader Belarbi et Michel Kelemenis se connaissent artisans d’un même métier. Tous 2 sont français issus de vagues migratoires, et, lorsque le danseur étoile de l’Opéra de Paris suggère au chorégraphe de créer pour lui, ils conviennent rapidement de creuser poétiquement la question de l’origine. Un faisceau de collaborations prestigieuses pointe vers l’interprète d’exception : Sélim est habillé par l’immense styliste Kenzo, saisi par les calligraphies lumineuses d’Hassan Massoudy et porté par la voix éternelle d’Houria Aichi. Le noble cavalier et pur-sang Belarbi, explorant les étendues arides d’un désert imaginaire, sent planer l’ombre d’une femme aimée, laissée au campement.

"Sélim est le prénom que mon père voulait me donner et celui que j’ai donné à mon fils. De cette origine paternelle, je n’ai que des bribes. Mon père, confie Kader Belarbi, me racontait l’Algérie comme un conte de fées, alors qu’il est écorché depuis longtemps. Je n’avais que les odeurs, les parfums des contrées musulmanes, rien de plus. Danser Sélim sur la voix de Houria Aïchi m’a éveillé à je ne sais quel lien que je pourrais dire maternel."

Kader Belarbi

Distribution

Chorégraphie - Michel Kelemenis 
Danseur - Kader Belarbi 
Musique - "Le désir", "Mon âme est en peine", chants traditionnels de l’Aurès interprétés par Houria Aïcha 
Costume - Kenzo Takada 
Calligraphie - Hassan Massoudy (projection sur sol et fonds)

Production

Kader Belarbi & Michel Kelemenis

l’Opéra national de Paris pour les soirées d’Etoiles à l’Opéra comique.

Les échos

Libération Marie-Christine Vernay

Mai 1995

Michel Kelemenis, bercé par les volutes de musiques arabes échappées de Marseille, où il est né et travaille, a écrit une partition où l’enfant rejoint le cavalier. Les courbes contrastent avec les ruades, les courses du cavalier en fuite, évoquées par le chant. On retrouve le travail du chorégraphe et surtout on sent que Kelemenis s’est mis à l’écoute des désirs du danseur, Kader s’est emparé de Sélim. Il fait corps avec la chorégraphie, comme écrite sur mesure, il fait corps avec la voix, il se trouble. C’est ce trouble qui étonne le plus, d’autant que par la chorégraphie il circule dans le corps et le fragilise intensément. Sélim parle d’une certaine façon de la fierté du danseur, qui poursuit son chemin qu’il interprète Le Lac ou Kelemenis.