Anthère — Kelemenis & cie (Anthère à 11min40)
Anthère © Cathy Peylan
Anthère © Laurent Lafolie

Anthere

1993

Durée : 35min

Michel Kelemenis

Kelemenis & cie

Œuvre à la gloire du sexe sans risque, ce plaidoyer chorégraphique en faveur de la prévention évoque sans détours la nécessité de protection contre le sida

"Il est bien difficile de donner prise au sens lorsque l’on aime que la danse soit une émanation abstraite ou plus simplement le mouvement des corps. Ceci est plus ardu encore quand la concentration se rapporte à quelque chose de vrai et d’intime que l’on veut à la fois garder pour soi et faire vivre, taire et dire. 
En dire mais en taire : le maintien de ce paradoxe donne sans doute à un comportement sa singularité, à un travail sa marque de nouveauté, l’intérêt d’une aventure. Anthère, quintet, partie supérieure –protection- de l’étamine (sexe mâle des végétaux à fleurs) qui renferme le pollen. Sorte de capote végétale. "Entre toi et moi une surface obligatoire contre laquelle je m’étends." En terre, engrais.
La danse, vive, vertu et mouvement d’un fouet dont l’impact ferait mouche sans blesser, sensible, substance qui se trouble et absorbe quand on l’approche à s’y fondre, vivante."

Michel Kelemenis

Distribution

Chorégraphie - Michel Kelemenis 
Danseurs - (création) Arnaud Cabias, Philippe Combeau, Vincent Druguet, Elise Olhandeguy, Claudine Zimmer
(Reprise 2004) Christian Ubl, Séverine Bauvais, Olivier Clargé, Raphaël Soleilhavoup, Rachel Benitah
Musique - Derek Lee Ragin, Queen 
Création sonore - André Serré 
Décor - Christine Le Moigne 
Costumes - Christian Burle 
Chaussures - Patrick Valdivia 
Lumière - Serge Dées

Production

Kelemenis & cie 
Théâtre de la Passerelle (Gap), Maison de la Danse de Lyon, TNDI, Châteauvallon

Reprise 2004
Kelemenis & cie
Biennale de la Danse de Lyon, Avec le soutien du Théâtre du Gymnase (Marseille)

Avec le soutien du Théâtre Jean Vilar de Vitry, Le Théâtre du Merlan - scène nationale à Marseille, SACD, l'Adami, Office de la culture de Marseille

Les échos

Ballet 2000 Sonia Schoonejans

mars.2005

Un flot de baisers
Dix ans séparent Besame (…), la récente création de Michel Kelemenis, d’Anthère, l’autre pièce présentée dans le même programme. Si le chorégraphe, aujourd’hui installé à Marseille, a traversé entre-temps une période davantage consacrée aux solos et aux petites formes en général, il n’a en rien perdu cette écriture sensuelle et raffinée, immédiatement reconnaissable, dont ces deux pièces de groupe portent la marque. Anthère, dont la signification étymologique évoque une sorte de capote végétale, est une courte pièce à la gloire de l’amour et du sexe sans risque. Créé en 1994, alors que l’épidémie du sida frappait de plein fouet le monde de la danse, c’est un plaidoyer chorégraphique en faveur de la prévention. Contrairement à des chorégraphes comme Bill T. Jones qui, avec Still Here, montrait les ravages de cette maladie, Kelemenis prend le problème en amont et, évitant le pathos, choisit le plaisir tout en affirmant la nécessité de se protéger. Sur le baiser que s’échangent les interprètes se concentrent tous les dangers mais la danse est tendre, précise, fluide."

Libération Marie-Christine Vernay

mars.1994

Sans aucune considération moraliste , sans que jamais il n’y ait idée de la faute, Kelemenis parle du sida ou plutôt de protection. Anthère est emprunté à la flore. Entre les caducées qui jonchent le plateau, les 2 danseuses et les 3 danseurs, soutenus par le travail d’André Serré, orageux, tapageur, qui n’hésite pas à déclencher des chaufferies en plein spectacle, sont formidablement turbulents. Multipliant les entrées et les sorties, chavirant sur des baisers exquis, il s’emploient à la libre circulation des corps.
Kelemenis, gourmand, ne chorégraphie pas le désir mais l’envie. Jusqu’à cette scène finale où 2 corps s’enlacent fougueux alors qu’un 3e larron, consciencieusement, inlassablement, remet l’étoffe qui sépare les 2 sexes.

Saisons de la danse Philippe Verrièle

mars.1994

Anthère, donne a posteriori, le ton de la soirée Cinq danseurs pour évoquer les croisements sentimentaux et leurs risques par temps de sida : ils sont beaux, sensuels et s’effondrent après s’être embrassés. On peut parfois trouver l’allégorie lourde, en particulier dans l’évocation sans ambages de la nécessité de rapports sexuels protégés, mais en la matière, mieux vaut sans doute un peu trop que pas assez. La pièce prend une patine de subtilité avec le temps.
Le programme Clins de lune offre une méditation sur l’amour d’aujourd’hui qui en dit plus que les études institutionnelles et les campagnes médiatiques. Quant à Kelemenis, il s’affirme comme un talent sur lequel il faut compter.