Clin de Lune — Kelemenis & cie (Clin de Lune à 5min)
Clin de Lune © Elian Bachini
Clin de Lune © Elian Bachini
Clin de Lune © Christiane Robin
Clin de Lune © Bromley

Clin de Lune

1993

Durée : 18min

Michel Kelemenis

Kelemenis & cie

"Le 9 décembre 1992, peu après que Dominique Bagouet se soit éteint, la lune s’effaçait dans une éclipse totale."

Michel Kelemenis

Distribution

Chorégraphie et danse -  Michel Kelemenis 
Musique-  Claude Debussy "Jeux" (New Philarmonia Orchestra Cleveland, direction Pierre Boulez, enregistrement 1969) 
Décor - Christine Le Moigne 
Costumes - Philippe Combeau, Dominique Fabrègue 
Chaussures - Patrick Valdivia 
Lumières - Serge Dées

Production

Maison de la Danse de Lyon

Les échos

Libération Marie-Christine Vernay

mars.1994

Kelemenis, éclair de lune
Cravaté pas très net, le danseur se tient droit dans l’obscurité entre 2 ampoules nues éclairant faiblement 2 flaques, luisantes comme le pavé parisien un soir de pluie. En parallèle avec la musique de Debussy, Kelemenis invoque tous ses états de danseur. On retrouve ses poignets déliés, ses sauts de gymnaste, on retrouve cette façon qu’il avait de se ramasser, animal dans Faune Fomitch, adresse à Nijinski. On le retrouve surtout alors que la danse est ample et généreuse dans un souci du détail.
Mais il est en même temps tout autre. Quelque chose s’est durci ou éclairci. Plus que jamais Kelemenis sait ce qu’il veut. Il peut interpréter des princes du répertoire romantique, des faunes et autres figures emblématiques de la danse, toutes convoquées dans ce solo, cela ne le divertit pas. Il a horreur de la cotation et fonce le regard perçant, face au public. Il veillait, il guettait, il a aujourd’hui l’attitude du faucon. Pour la beauté du vol, sa précision et sa rapidité, et non pour la proie. Lui qu’on a pressenti comme mutin se révèle sauvage, indomptable.

Saisons de la danse Philippe Verrièle

mars.1993

Le solo se veut dialogue poétique. S’attachant à la partition de Jeux, Kelemenis nous rappelle d’abord qu’il est un interprète exemplaire, d’une finesse et d’une justesse rare. Et puis dans un saut, soudain, un regard et c’est comme si on avait entrevu le regard de Bagouet, omniprésent dans cette pièce. (…) Clin de lune brûle d’une passion intérieure. Imperceptible strip-tease, l’âme est à nue quand Kelemenis quitte son dernier vêtement, laissant le sentiment d’une autre présence.