Aphorismes Géométriques — Kelemenis & cie
Aphorismes Géométriques © Agnès Mellon
Aphorismes Géométriques © Agnès Mellon
Aphorismes Géométriques © Agnès Mellon
Aphorismes Géométriques © Agnès Mellon

Aphorismes Géométriques

2005

Durée : 1h15

Michel Kelemenis

Kelemenis & cie

"Ne se donner que peu de temps pour observer comment naît, dans un coup de feu, une œuvre de réaction. 
4 femmes-danseuses pour 6 pièces brèves écrites chacune en 5 jours : les Aphorismes géométriques placent au cœur de la création un besoin de rapidité.
L’enjeu visait à arracher de ces courtes périodes les 4 portraits uniques et rugueux, tous articulés autour de l’énergie ambivalente de l’obsession, des portraits complémentaires par leurs immenses différences.
Il en résulte une Ode à la femme."
Michel Kelemenis

Amoureux du déploiement du corps dans l’espace, et de la capacité magique des danseurs à basculer en un instant de l’abstraction des gestes à la figuration d’un caractère, d’un état de corps à un expressionnisme extraverti, Michel Kelemenis observe et ravive sans cesse les relations entre danse et musique.

Son choix, au gré des pages sonores du catalogue du gmem-CNCM-marseille, est guidé par l’ambivalence du titre, où poésie et mathématique se côtoient : 6 œuvres de Georges Boeuf, Stephan Dunkelman, Inge Morgenroth, Patrick Portella et Olivier Stalla, mêlent des textures sonores différentes (électronique, concrète ou instrumentale).

En entrant dans l’écoute rapprochée d’œuvres musicales d’aujourd’hui, le chorégraphe cherche à déceler la malice des compositeurs ; par la juxtaposition du temps différent de la danse, il tente de rendre l’écoute évidente...

Distribution

Conception générale et chorégraphie - Michel Kelemenis
Interprètes - Caroline Blanc, Marianne Descamps, Virginie Lauwerier, Claudine Zimmer
Musiques - Olivier Stalla, Cantus Primus & Cantus Ultimus
Inge Morgenroth, Dear Kokon
Patrick Portella, Le voyage d’hiver
Stephan Dunkelman, Rituellipses
Georges Boeuf, Aux portes de la nuit
Costumes - Blanche de la TasteAline Desherbais / Guérilla Couture
Lumière - Jean-Hughes Molcard

Production

Kelemenis & cie

Avec le soutien de l’Adami
Accueils-studio 2005 des Centres Chorégraphiques Nationaux de Biarritz, de Mulhouse / Ballet de l’opéra national du Rhin, de Grenoble / Gallotta, de Marseille / Ballet National de Marseille, direction Frédéric Flamand

gmem-CNCM-marseille
Danse à Aix
Ambassade de France en Inde

 

Les échos

Tadorne Pascal Bély

2 avr.2006

La pièce commence. Comme en août 2005, je suis littéralement happé par ces 4 danseuses. Le quatuor émerge tout au début ; elles se cherchent, je les suis ; les corps se touchent, s’évitent ; je les sens. Puis une à une, elles disparaissent pour mieux nous revenir. J’assiste alors à 4 solos époustouflants. De la femme en colère à celle qui souffre, de la femme sensuelle à celle qui accouche, de la femme caresse à celle qui fait mal, de la femme masculine à celle qui s’effondre, de la femme enfant à celle qui assume, de la femme stressé à celle qui paresse…De la femme à celui qui la regarde…Elles me regardent, m’invitent ; je résiste. Puis, elles reviennent ensemble, se soutiennent les unes des autres avec des mouvements lents comme un lien solidaire, solide. La lumière est devenue orange comme un coucher de soleil, les mouvements deviennent alors indestructibles, elles me relient. Cette lenteur, cette beauté du geste donne à ce quatuor une force qui fait face à ce monde si violent, si masculin. Je baisse la garde, je sors de mon carré pour me faire tout rond. La lumière s’éteint sur l’œuvre de Michel Kelemenis. 

Libération Marie-Christine Vernay

23 fév.2006

Michel Kelemenis a signé une petite merveille pour quatre danseuses, plus attachantes les unes que les autres. Se partageant la scène en toute complicité, elles n’ont rien de ces féminités surfaites qui gâchent bien des beautés. Chorégraphiées jusqu’au bout des doigts, glissées dans des nuisettes soyeuses, elles sont toute la danse. Rare.

Libération Marie-Christine Vernay

2 août.2005

Kelemenis, ode à la femme

Une simplicité totale, une danse d’une grande clarté
Aphorismes géométriques, du chorégraphe Michel Kelemenis de Marseille, restera en mémoire comme un moment de grâce, de légèreté, dans la longue marche des festivals estivaux. La lumière signée par Jean-Hughes Molcard est déjà un choix : aucune grandiloquence, tout dans ce spectacle est réglé avec une simplicité en correspondance avec l’écriture chorégraphique.

La Marseillaise Denis Bonneville

16 mai.2005

Les Musiques dansent
Rompu à l’exercice du solo, toujours avec talent, Kelemenis trace 4 portraits, à chaque fois en quelques jours, et hors ses murs (CCN de Biarritz, Mulhouse, Grenoble et le Ballet de Marseille) de 4 femmes qu’il connaît plus ou moins bien. Un choix qui est également dicté par la recherche d’une "étrangeté" du chorégraphe, "toujours surpris de voir comment un corps qui s’agite a une dimension double insaisissable, venue d’ailleurs : il y a à la fois l’abstraction de la danse, ces gestes dessinés dans l’espace, mais aussi le fait que chacun a une histoire propre, à laquelle le chorégraphe appuie également la sienne. C’est dans ce paradoxe entre l’incarnation et l’abstraction, entre la poésie et le graphique, que sont basés ces solos. D’où le titre : aphorismes géométriques, qui reprend cette apparente contradiction."

Textes complémentaires

Les 4 portraits

"À travers ce programme, je souhaite éclairer la capacité de l’artiste interprète à révéler des incarnations différentes. Le premier jet de chaque pièce est effectué en 5 jours uniquement. Les rencontres, nécessairement placées sous le signe d’une urgence, s’effectuent en appui sur des écritures musicales complexes qui appellent de nombreuses tentatives de côtoiement entre textures sonores et qualités gestuelles. Les personnalités des 4 danseuses sont mises en résonance avec le foisonnement musical dynamique et tourmenté. Chaque solo tente de définir le caractère d’un personnage chorégraphique à travers l’exploration du thème de l’obsession. C’est à travers l’alternance de matériaux improvisés avec des écritures gestuelles de densité variable que nous cherchons une alchimie de portraits humains non théâtraux. Les aphorismes-portraits devraient être encadrés par 2 pièces impliquant les 4 danseuses, la première se développant comme un duo pour les 4, traduisant de façon impressionniste la curiosité des unes vers les autres, et la dernière un quatuor jouant sur la friction d’une abstraction chargé de la mémoire des caractères développés précédemment avec un espace musical naturaliste apaisé."
Michel Kelemenis / texte d’intention - mars 2005

Les collaborations

Sollicité par Michel Kelemenis, le gmem-CNCM-marseille
ouvre son catalogue de créations. Le chorégraphe porte son choix sur des compositions souvent complexes, mêlant chacune au minimum 2 types de textures sonores (électronique, concrète ou instrumentale).

Qu’il s’agisse de musique populaire du XXe siècle, de musique classique, ethnique, de création contemporaine ou de bandes sons qu’il réalise parfois lui-même, Michel Kelemenis aime observer et raviver sans cesse les relations entre danse et musique.

C’est en 2000 avec la commande de Le retour d’Ulysse au soir du combat, et la rencontre avec l’ensemble musical strasbourgeois Accroche note, que naît la collaboration entre le GMEM/Centre national de création musicale de Marseille et Michel Kelemenis.

L’obsession du chorégraphe à faire découvrir les musiques nouvelles le porte à inventer des formes qui rassemblent plusieurs œuvres ou plusieurs compositeurs. En 2003, avec les mêmes musiciens, le récital à danser Ulysse et Pénélope se développe comme une promenade chorégraphique à travers les écritures musicales contemporaines, signées Aperghis, Dusapin, Druckman ou encore Angster.

Les interprètes
À la recherche d’un point de jonction entre incarnation et abstraction, Michel Kelemenis appelle un mystère et une étrangeté qu’à ses yeux seules 4 femmes peuvent porter : Séverine Bauvais, Caroline Blanc, Marianne Descamps et Claudine Zimmer.

L’image
Blanche de la Taste et Aline Desherbais sont stylistes. Gourmandes, elles parcourent le monde à l’affût de couleurs saturées, de textiles inattendus et de techniques ancestrales. Leurs vêtements associent la sensualité de coupes très ajustées modelant sans complexe les corps, et l’abstraction de coutures extérieures épaisses qui soulignent l’asymétrie des formes.